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SEO

Refonte de site : six erreurs qui font perdre son référencement

Le nouveau site est plus beau, et le trafic a chuté de 60 %. Ce scénario est banal, et il est presque toujours évitable — à condition d'y penser avant.

Jean-Philippe Lhoest8 min de lecture

C'est le message que nous recevons plusieurs fois par an : « on a refait le site il y a deux mois, il est très beau, mais on ne reçoit plus d'appels ». Dans presque tous les cas, le diagnostic tient en une ligne : les redirections n'ont pas été faites.

Erreur 1 — Changer les adresses sans rediriger

C'est la faute la plus fréquente et la plus destructrice. Votre ancienne page /services/depannage-chaudiere.html était bien classée depuis six ans. La nouvelle s'appelle /nos-services/chauffage. Sans redirection, Google trouve une erreur 404 à la place d'une page qu'il connaissait, et l'ancienne position disparaît. Tous les liens qui pointaient vers vous depuis d'autres sites deviennent morts.

La méthode : avant la mise en ligne, exportez la liste complète de vos adresses actuelles (Search Console, plan de site, exploration par un outil comme Screaming Frog). Établissez un tableau de correspondance ancienne adresse → nouvelle adresse. Mettez en place des redirections 301 (permanentes), une par une. Ne redirigez pas tout vers la page d'accueil : Google traite ces redirections en masse comme des erreurs 404 déguisées.

Erreur 2 — Supprimer du contenu « parce qu'il est vieux »

Cet article de 2019 que personne ne relit apporte peut-être 15 % de votre trafic organique. Le supprimer, c'est supprimer ce trafic.

La méthode : avant de décider, sortez le rapport de Search Console sur seize mois. Toute page qui reçoit des visites ou des impressions se conserve — quitte à la réécrire. Les pages réellement mortes peuvent partir, avec une redirection vers la page la plus proche thématiquement.

Erreur 3 — Oublier les balises title et les descriptions

Les gabarits de site génèrent souvent des titres automatiques : « Accueil — Mon Entreprise », « Services — Mon Entreprise ». Vos anciennes balises, elles, étaient peut-être travaillées depuis des années.

La méthode : exportez les anciens titres et descriptions, reprenez-les tels quels sur les pages correspondantes, et ne les retouchez qu'après la stabilisation de la migration — jamais en même temps.

Erreur 4 — Laisser le site de préproduction indexable

Le site en construction est en ligne sur nouveau.monsite.be, sans protection. Google l'indexe. Vous vous retrouvez avec deux sites identiques, Google choisit lui-même lequel afficher, et ce n'est pas toujours le bon.

La méthode : protégez la préproduction par mot de passe. Un robots.txt bloquant ne suffit pas toujours. Et surtout, vérifiez au lancement que le noindex a bien été retiré du site définitif — c'est l'accident le plus courant et le plus radical : le site disparaît entièrement de Google en quelques jours.

Erreur 5 — Changer tout en même temps

Nouveau design, nouvelle arborescence, nouveaux textes, nouveau nom de domaine, nouvel hébergeur, passage en HTTPS : tout le même jour. Si le trafic chute, il devient impossible de savoir quelle modification en est la cause.

La méthode : séparez les opérations quand c'est possible. D'abord la migration technique à contenu constant, puis les changements de contenu deux à quatre semaines plus tard, une fois la stabilisation vérifiée.

Erreur 6 — Ne rien mesurer avant

Sans point de comparaison, impossible de savoir si vous avez perdu quelque chose, ni combien.

La méthode : une semaine avant la mise en ligne, archivez : le trafic organique des douze derniers mois, les vingt pages les plus visitées, les cinquante requêtes qui vous amènent le plus de clics, vos positions moyennes, et la liste complète de vos adresses. Ces documents valent de l'or trois mois plus tard.

La liste à cocher, le jour du lancement

  • Le noindex est retiré du site de production.
  • Le robots.txt n'interdit rien d'important.
  • Le plan de site (sitemap.xml) est à jour et déclaré dans Search Console.
  • Toutes les redirections 301 répondent correctement — testez-en au moins vingt à la main.
  • Le HTTPS fonctionne et le HTTP y redirige.
  • Une seule version du domaine répond (avec ou sans www, mais pas les deux).
  • Les balises canoniques pointent vers les bonnes adresses.
  • La mesure d'audience est réinstallée et enregistre bien.
  • Le changement d'adresse est déclaré dans Search Console si le domaine change.

À quoi s'attendre malgré tout

Même parfaitement exécutée, une refonte provoque une fluctuation de deux à six semaines : Google doit réexplorer et réévaluer. Une baisse temporaire de 10 à 20 % est normale. Une baisse de 50 % qui dure plus d'un mois ne l'est pas — et à ce moment-là, il faut aller chercher les redirections manquantes.

C'est la partie invisible d'une refonte. Elle ne se voit pas sur la maquette, elle ne fait pas rêver en réunion, et c'est pourtant celle qui décide si votre nouveau site vous rapportera plus ou moins que l'ancien.

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